DNYUZ
No Result
View All Result
DNYUZ
No Result
View All Result
DNYUZ
Home News

Gisèle Pelicot au New York Times Magazine : les moments clés

February 13, 2026
in News
Key Moments in Gisèle Pelicot’s Interview With The Times

Le mois dernier, je suis allée à Paris rencontrer Gisèle Pelicot, l’icône du plus grand procès pour viols jamais tenu en France. Pendant presque trois heures, nous avons discuté de sa vie. Celle d’avant les abus atroces que son mari depuis 50 ans lui a fait subir, mais aussi de sa vie d’après.

Elle m’a raconté le moment précis où elle a compris que pendant dix ans, cet homme l’avait droguée, violée à répétition, et avait invité au moins 70 hommes à la violer et l’agresser dans la chambre conjugale, alors qu’elle y gisait sédatée et inconsciente. Elle m’a aussi expliqué sa décision de lever le huis clos lors du procès de ses bourreaux, et le retentissement qu’il a eu sur elle et ses trois enfants, en particulier sur sa fille, Caroline Darian, dont elle s’était éloignée jusqu’à récemment.

Voici les temps forts de notre échange.

« On l’appelait toujours la maison du bonheur »

Gisèle et Dominique Pelicot se sont rencontrés à 19 ans. Elle se souvient d’un jeune homme timide, dont les joues rougissaient sans arrêt. Ils se sont vite mariés et guidés par son désir de « s’échapper et d’avoir une vie amoureuse », ils sont partis s’installer en banlieue parisienne. Les premiers temps, ils n’avaient pas grand-chose d’autre que leur amour et l’envie de fonder une famille. Elle avait « la joie de vivre » à ses côtés, raconte-t-elle.

Tous nos amis et toute la famille l’appréciaient. Il était toujours prêt à rendre service, très sportif. Je n’ai connu que l’homme bienveillant et attentionné. C’est ça qui est terrifiant

En 2013, ils prennent leur retraite dans un pavillon d’une petite ville du sud-est de la France, à Mazan, entouré d’oliviers et baigné de la lumière du Sud. Leurs proches y étaient toujours les bienvenus.

Je pensais mener une fin de vie heureuse avec M. Pelicot. La maison de Mazan était un lieu où recevoir les amis et les enfants pendant les vacances. On l’appelait toujours la maison du bonheur.

Si Dominique avait déjà commencé à abuser d’elle dès 2011, c’est à Mazan que les choses ont pris une toute autre ampleur, et que Gisèle a commencé à souffrir de mystérieux trous de mémoire.

« Le jour où j’ai découvert la vérité »

Quelques heures à peine avant que Gisèle ne découvre la vérité sur les abus infligés par Dominique pendant des années, ils prenaient le petit-déjeuner ensemble « comme si de rien n’était ». Cet après-midi-là, elle pensait qu’ils étaient convoqués au commissariat suite à un incident impliquant son mari, surpris en train de filmer sous les jupes de plusieurs femmes.

Pendant son interrogatoire au commissariat, elle raconte avoir vu le visage du policier “changer” lorsqu’il lui désigna une pile de dossiers sur son bureau. Ils contenaient des photos d’elle en train de se faire violer par un inconnu, prises par Dominique. Elle se rappelle avoir eu du mal à reconnaître son propre corps, qui ressemblait à une poupée de chiffon, inconsciente sur son lit. Dominique avait aussi filmé des vidéos de nombreuses agressions sexuelles, qu’elle n’a pas voulu visionner au commissariat ce jour-là. Elle ne changera d’avis que quelques jours avant l’ouverture du procès, bien consciente qu’elles seraient de toute façon utilisées comme preuves et diffusées pendant l’audience.

« La souffrance n’est pas toujours un ciment pour la famille »

À propos du retentissement que ces révélations ont eu sur sa famille, Gisèle raconte :

La souffrance ne fait pas l’union d’une famille. C’est une déflagration qui emporte tout sur son passage. On essaie de se reconstruire, chacun à sa façon, chacun à son rythme.

Pendant l’enquête, Gisèle apprend aussi que la police a retrouvé des photos de ses belles-filles sous la douche et d’autres de sa fille Caroline, endormie dans des sous-vêtements qu’elle ne reconnaît pas. La décision de la juge d’instruction de ne pas engager de poursuites à l’égard de ces images a conduit Caroline à prendre ses distances avec sa mère, à qui elle reprochait un manque de soutien. Gisèle confie :

Je ne voulais pas qu’elle s’enfonce dans cette souffrance et cette douleur. Donc c’est vrai, je l’ai peut-être mal accompagnée au départ. Elle m’en a voulu et c’est tout à fait légitime. Mais je ne l’ai pas abandonnée, j’ai tenté de soulager sa souffrance. Et elle ne l’a pas perçu comme ça. C’est pour ça qu’elle a mis de la distance.

Elle ajoute :

C’est vrai que ce que vit Caroline est extrêmement douloureux. Sa souffrance me bouleverse, parce qu’il y a ce doute qui est une condamnation à l’enfer perpétuel. Il n’y a pas de réponse. Il y a ces deux photos d’elle endormie qui posent questions. Mais je n’ai pas les réponses, et M. Pelicot ne lui a pas non plus donné les réponses.

À la suite d’une opération en fin d’année dernière, sa fille a repris de ses nouvelles. Gisèle raconte qu’elles sont en passe de se réconcilier, et qu’elles discutent souvent au téléphone.

« C’est très important que les gens sachent »

En France, les victimes de violences sexuelles ont le droit de préserver leur anonymat et peuvent bénéficier d’un procès à huis clos. Encouragée par sa fille, Gisèle a pris l’extraordinaire décision de renoncer à cet anonymat et de rendre ainsi l’audience publique. Le 2 septembre 2024, quand ses avocats ont annoncé son choix à la cour, elle a dû faire face à son ex-mari et à ces dizaines d’hommes qui l’avaient violée, entourés de leurs 45 avocats. Elle se souvient s’être dit « ne flanche pas, ma grande, tu tiens bon jusqu’au bout ».

Sa décision de rendre le procès public a ému les femmes du monde entier, qui l’ont inondée de lettres de soutien. C’est là qu’elle a compris l’ampleur de son initiative.

Je pense qu’on a tellement muselé les femmes à travers des générations que ce procès a libéré leur parole.

« J’espère que les yeux dans les yeux, il pourra me dire la vérité. »

Dans les quatre années qui ont séparé l’arrestation de Dominique et son procès, Gisèle s’est installée sur une petite île de la côte atlantique. Elle a rencontré de nouveaux amis et a même retrouvé l’amour. Dans ses mémoires intitulées «Et la joie de vivre», elle écrit avoir l’intention d’aller discuter avec son ex-mari en prison. Quand j’ai voulu en savoir plus, elle m’a répondu :

J’espère que les yeux dans les yeux, il pourra me dire la vérité. Pour sa fille, mais aussi pour tout ce dont il est aujourd’hui accusé. Peut-être qu’il aura un cas de conscience. J’espère encore. Je suis peut-être naïve, peut-être que je n’aurai jamais de réponse.

The post Gisèle Pelicot au New York Times Magazine : les moments clés appeared first on New York Times.

White House Outlines Trump Plan for Shipping Industry
News

White House Outlines Trump Plan for Shipping Industry

by New York Times
February 13, 2026

President Trump on Friday issued his plan for revitalizing the American shipping industry, proposing new subsidies, levies on foreign-built ships, ...

Read more
News

A widow gets resourceful when the ground shifts beneath her in the feisty ‘Calle Málaga’

February 13, 2026
News

Mamdani Revives Bus and Bike Lanes Killed by Adams in ‘Backroom Deals’

February 13, 2026
News

Stephen A. Smith Giving ‘Strong Consideration’ to Presidential Run

February 13, 2026
News

The Most Striking Photos From the 2026 Winter Olympics

February 13, 2026
I’m a solo founder with AI agents instead of employees. My ‘council’ of AI agents saves me 20 hours a week.

I’m a solo founder with AI agents instead of employees. My ‘council’ of AI agents saves me 20 hours a week.

February 13, 2026
Tech titans pour $50 million into super PAC to elect AI-friendly candidates to Congress

Tech titans pour $50 million into super PAC to elect AI-friendly candidates to Congress

February 13, 2026
The unlucky truth about love

The unlucky truth about love

February 13, 2026

DNYUZ © 2026

No Result
View All Result

DNYUZ © 2026